MONTPELLIER, ville d’histoire et du XXIème siècle

 

Montpellier naît au Xe siècle, au coeur d'un ensemble de bourgades : Substancion, Lattes, Maguelone, Boutonnet, Exindre. La ville s'installe sur une des trois collines dont une domine la plaine de Port Juvénal arrosée par le lez, belle rivière qui divague et inonde parfois celle-ci jusqu'aux buttes de l'actuelle citadelle (lycée Joffre aujourd'hui). Son nom "Monspessulanus", le mont pelé, ou encore "le mont de la colline" est l'objet de discussion car certains voudraient l'appeler le "mont des Pucelles" ou des "trois vierges" pour faire allusion à une certaine donation. Mais, le "mont du Pastel" semble bien être celui où déjà quelques chaumières étaient précairement implantées.

 

Sa situation crée la fonction.

 

Stratégiquement bien situé, entre l'Italie et l'Espagne, tout près de la voie domitienne et du chemin de Saint-Jacques de Compostelle (chemin de Romieu), à deux pas de la mer Méditerrannée, Montpellier s'imposa très vite comme une ville marchande voire d'affaires ; doreurs, orfèvres, drapiers, changeurs s'y installèrent et y prolifèrent.  Montpellier s'affirme par là même comme une ville cosmopolite ; un pôle très favorable au commerce où se côtoient Chrétiens et Sarasins, Arabes, Juifs et Italiens.

"L'afflux des pèlerins provoqua également la naissance et l'extension d'institutions charitables et hospitalières. Des médecins juifs et arabes chassés d'Espagne vinrent faciliter la gestation de la future Ecole de Médecine dont la renommée était déjà internationale dès la fin du XIIIe siècle" écrit le chroniqueur Jacques Fabre de Morlhon.

La ville naissante engloutit alors progressivement les bourgades qui lui ont donné le jour et facilité sa croissance. Ses premiers seigneurs, les Guilhem y ont puissamment contribué. Guilhem V enferme le coeur de Montpellier et ses premiers faubourgs dans une "Commune Clôture" qui permet d'utiliser au mieux les défenses naturelles et de disposer d'espaces agricoles en cas de siège ; célèbre écusson qui va marquer l'histoire de la ville.

C'est l'âge d'or de Montpellier, ville prospère et libre. Sa charte de 1204 en fait une véritable démocratie populaire où les consuls, principaux administrateurs, sont élus par le peuple et parmi le peuple.

Cette période coïncide avec celle de Montpellier, ville espagnole, par le mariage de Marie de Montpellier, fille de Guilhem VII avec Pierre II, roi d'Aragon. La domination aragonaise et majorquine se poursuivra pendant près de deux siècles, jusqu'en 1349 où Jacques III de Majorque  vend au roi de France la ville et la baylie de Montpellier pour la somme de 120.000 écus d'or.

L'autorité des Valois correspond à une époque de misères, de crises graves, de décadence. On ressent les effets de la guerre de Cent ans. une éclaircie dans cette période troublée : le séjour à Montpellier du grand argentier de Charles VII : Jacques Coeur.

L'université heureusement conserve son prestige : Rabelais, Rondelet, Nostradamus, Griffi sauvegarderont sa célébrité.

 

MONTPELLIER, VILLE DU XXI ème siècle

 

Réfléchir et développer autrement la ville

 

1977 marque une rupture et un renouveau dans la politique d'urbanisme de la Ville. Succédant à François Delmas, maire de Montpellier depuis 1959, Georges Frêche et Raymond Dugrand, adjoint à l'urbanisme de 1977 à 2001, vont élaborer un projet qui affiche la volonté de réfléchir et de développer autrement la ville.

Dans les années 70, la ville s'étendait vers le nord-ouest, avec les campus universitaires, les logements étudiants, mais aussi de grandes villas édifiées sur d'immenses terrains de l'avant arrière-pays. Avec le géographe Raymond Dugrand, la quête mène vers la mer, pour se raccrocher à l'histoire, mais aussi pour rapprocher la ville de ses accès, autoroute et aéroport.

François Delmas avait construit le Polygone, aux limites de la Comédie, enfermant la ville sur elle-même. Georges Frêche réalise Antigone, dans la prolongation de ce centre commercial, donnant à Montpellier "une vue sur la mer". Dès le départ, la municipalité fait une critique radicale de la situation : il faut que la ville arrête de se développer en tache d'huile vers le nord-ouest, stopper les grands ensembles et les banlieux pavillonnaires. Et c'est la définition d'un projet de ville dont la cohérence apparaît grâce à l'urbanisme, qui va permettre de mettre en place et de mener une nouvelle politique économique, sociale et culturelle.

 

La maîtrise du foncier

 

Le plan d'occupation des sols (POS) est modifié. L'urbanisation est bloquée vers le nord, ouverte vers le sud. Le centre peut se développer. C'est Antigone, premier nouveau quartier, suivi de bien d'autres (Consuls de Mer, Richter, Jacques Coeur, Port Marianne...). La Zone d'aménagement concerté (ZAC) devient l'outil de cette politique d'aménagement, avec, comme enjeu essentiel, la maîtrise du foncier. La Ville constitue alors d'importantes réserves foncières qui permettent aujourd'hui de poursuivre cette politique d'urbanisme volontariste.

Simultanément, la municipalité s'occupe de l'existant : elle crée dans les quartiers des espaces publics, des maisons pour tous, des jardins, des places. C'est "l'affinage urbain", cher à Raymond Dugrand. 

 

Les composantes d'une nouvelle donne urbaine

 

Pour poursuivre sa croissance, la ville se devait d'intégrer dans son projet urbain de lourdes contraintes environnementales liées aux inondations et à son alimentation en eau potable. Grâce à d'importants travaux, celle-ci est désormais pompée dans la garrigue, au nord de Montpellier, à 160 mètres de profondeur, dans des terrains karstiques. Le Lez, fleuve d'à peine 20 km de long, était connu pour ses violentes crues centennales. Sa canalisation, dès les années 80, a permis de maîtriser ses débordements en les emmenant vers la mer.

Dernier domaine d'action, lui aussi pensé dès le début : l'organisation des transports collectifs. Dès les années 80, il apparaît qu'une grande ville sans transport en commun n'est pas imaginable. Mais Montpellier est dépourvu d'un axe préexistant pour fonder un embryon de tracé. Il est donc décidé d'en inventer un, d'y localiser les équipements annoncés en y englobant les hôpitaux et certains quartiers. En juin 2000, la première ligne de tramway est inaugurée. 

 

Opération Antigone

 

A la fin des années 70, le Polygone constitue une grande façade aveugle, qui enclôt la ville sur elle-même. En effet, le bâtiment n'est pas traversant et le centre commercial semble interdire toute poursuite de l'urbanisation dans cette direction. Or c'est justement en prolongeant cet axe vers l'est, vers la mer, que le maire, Georges Frêche, veut étendre la ville.

En 1978, l'Armée se défait des 25 ha jouxtant le Polygone. La Ville s'en porte acquéreur. L'année suivante, elle demande à l'architecte catalan Ricardo Bofill d'engager une réflexion sur le site. En février 1980, l'étude préalable est présentée en mairie. Mais le projet est bloqué par l'Etat. En mai 81, le projet est débloqué et l'enquête publique débute... Quatre ans plus tard, le quartier reçoit ses premiers habitants.

La recette élaborée pour Antigone sera reprise dans chaque nouveau quartier : logements (avec toujours une part de logements sociaux), commerces, bureaux, équipements, espaces publics, dont la conception sera souvent confiée à des architectes renommés.

 

L'atout culturel

 

Deux grands équipements situés en centre-ville, le Corum, vaisseau amarré au bout de l'Esplanade par l'architecte Claude Vasconi, et le Centre chorégraphique national, ancien couvent réhabilité par Lipsky et Rollet, illustrent une stratégie de politique culturelle réfléchie à l'échelle locale, nationale et internationale. Depuis 1997, le couvent des Ursulines héberge le Centre chorégraphique national, rejoint en 2001, pour ses vingt ans, par le festival Montpellier danse, l'un des plus important au monde.

Depuis 1989, le Corum accueille dans l'opéra Berlioz, grande salle de 2 000 places et dans deux salles annexes, le festival de Radio France et Montpellier. Mais cet équipement, également dévolu à l'accueil des congressistes, résonne également toute l'année au fil des saisons de l'Orchestre national et de l'Opéra national. 

 

Le Corum, navire amiral

 

Le Corum est ancré dans la ville depuis 1989. Dessiné par l'architecte Claude Vasconi, c'est aujourd'hui un atout majeur pour l'accueil des congrès et le dynamisme de tout l'Ecusson. Dès le départ, il a été conçu à la fois pour concourir au rayonnement culturel de la ville (en accueillant notamment le festival de Radio France et Montpellier et les concerts de l'orchestre et de l'opéra) mais également pour contribuer au développement d'un tourisme d'affaire. Il accueille chaque année entre 70 et 80 000 participants à des congrès de deux ou trois jours. Avec le Zénith sud, construit il y a 20 ans, et le parc des expositions, le Corum est géré par la société d'économie mixte Enjoy Montpellier, mise en place par la Ville et l'Agglomération.

 

Le tramway, un choix pertinent

 

La première ligne de tramway de Montpellier a été inaugurée en juin 2000. Depuis ce jour, des milliers d'habitants empruntent quotidiennement ce moyen de transport propre et sûr pour se rendre sur leur lieu de travail ou, tout simplement, pour rejoindre le centre-ville. Projet décrié au départ, il est aujourd'hui plébiscité, à tel point que les prévisions de fréquentation les plus optimistes ont été très largement dépassées (on estime aujourd'hui à 115 000 le nombre de trajets effectués chaque jour sur la première ligne). Mais ce succès est avant tout la conséquence d'une politique d'urbanisme particulièrement cohérente. Le choix de l'urbanisation linéaire organisée le long d'une ligne de transport en site propre qui n'existait pas encore, avec la volonté de rattacher la Paillade à la ville et d'étendre celle-ci vers la mer, s'est ainsi révélé le plus pertinent.

 
 
 

http://www.montpellier.fr/

 
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