TEYRAN

 

La région Languedoc-Roussillon a eu des "maîtres" différents au cours des siècles. L'Empire romain, auquel la Gaule fût unie pendant cinq siècles, a laissé l'empreinte la plus durable. Puis l'empire d'occident s'écroula sous es coups des Barbares.*
Au début du Vième siècle, ce fût l’invasion des Wisigots qui se fixèrent entre la Loire et les Pyrénées. Le pays est enlevé par Clovis, événement marqué par la bataille de Vouillé en 507. Les Musulmans, maîtres de l’Espagne, vont pénétrer en Gaule par la Septimanie qu’ils vont même conserver après la défaite infligée par Charles Martel (732). Ce dernier, quelques temps après, revint dans la région, démantela Nîmes, brûla les arènes et détruisit Maguelone.
Le pays, qui devait un jour former le Languedoc, fût incorporé à. l’Empire des Francs, et en suivit les vicissitudes jusqu’au jour où, grâce à. la faiblesse des successeurs de Charlemagne, chacun s’y tailla une petite souveraineté.

Aubeterre fit partie du Comté de Maguelone, puis de Melgueil, depuis la création de ce comté au milieu du VIIIième siècle.
Aux Xullième et X[llième siècle, l’hérésie des Albigeois fttt le prétexte invoqué par le Nord pour ravir sa nationalité au Midi. Le Comté de Toulouse fut dépouillé de ses Etats et du Comté de Melgueil, comté qu’il tenait en fief du pape.
Enfin, les protestants du XVlième laissèrent de nombreuses traces de leur passage par les déprédations dont ils se rendirent coupables: la petite localité de Saint-André-d’Aubeterre d’abord, et celle de Teyran ensuite.

St-André-d’Aubeterre est le nom du village et de la paroisse qu’habitèrent primitivement les aïeux des teyrannais. Cette collectivité a disparu. Seules quelques ruines en marquent l’emplacement au pied de la colline de «Cabimont », entre le Salaison et le Massillan.
Aubeterre est orthographié indifféremment Albeterre ou Aubeterre. Ce nom, dû à la topographie, vient de deux mots latins: «Alba terra» qui signifient terre blanche. Une interprétation justifiée par la quantité anormale d’argile blanche qui couvre tout le versant est de la colline de Teyran et une longue bande de terrain crayeux du côté du mas du Hautbois.

Aujourd’hui, quelques pierres indiquent vaguement l’emplacement du village, de l’église et du cimetière.
Le village d’Aubeterre, construit dans la plaine au bas de la colline de Cabimont, n’offrait pas toute la sécurité désirable pour l’époque. Plus vers l’est, sur la rive gauche du Salaison, le coteau de Teyran représentait un emplacement plus avantageux, plus stratégique.

A la fin du XIième siècle, le village, placé sous la haute protection du Conte de Toulouse, méritait une protection, une situation plus forte, pensait le seigneur d’Aubeterre. Il jugeait, àjuste raison, qu’un village, qu’un château, bâtis sur cette hauteur seraient plus en sécurité, plus facile à défendre.

En 1200, le seigneur d’Aubeterre donne le mont de Teyran au Comte de Melgueil, Comte de Toulouse, qui autorise Guillaume d’Aubeterre à construire un château fortifié sur la colline à condition de pouvoir en disposer à son gré.

On construit alors les fortifications de Teyran. Le vaste mur d’enceinte de forme pentagonale aura une dizaine de mètres d’élévation sur plus d’un mètre d’épaisseur. Des tours épaisses de 1,10 mètre et de 12 à 14 mètres de haut vont s’élever aux quatre angles principaux.
Le château, élevé de deux étages sur rez-de-chaussée, voûté, sera massif et n’aura rien de gracieux. Il sera construit en trois ans. Guilaume d’Aubeterre mourut dans cet intervalle. Son fils, appelé également Guillaume d’Aubeterre, lui succédera.


Le noyau historique du village de Teyran est délimité par les anciens remparts qui englobent le château et notamment cette annexe où s’est installée la Mairie.
Les gens d’Aubeterre sont peu à peu fascinés par la vue des tours et des remparts du château de Teyran. Successivement ils éprouvent le besoin de se rapprocher de leur seigneur et de se mettre en sûreté contre toute attaque à l’abri des murs de la forteresse. L’exode est si général que rapidement Teyran est peuplé de la presque totalité des gens d’Aubeterre.

Le 14 avril 1215, le pape inféode ce comté à l’évêque de Maguelone, Guillaume d’Autignac.

A partir de 1235, la paroisse de St-André-d’Aubeterre voit sa déchéance s’accroître de jours en jours. A la désertion de ses habitants s’ajoute la démolition des murs et des maisons pour être reconstruits à Teyran.
L’église d’Aubeterre restera debout jusque vers la fm du XVllième siècle. A la fin du XlXième, on voyait encore des pans de murs et le tracé de ses fondements. Elle deviendra une « carrière de pierres » pour la construction des maisons à Teyran.

Dans la seconde moitié du XVLIième siècle, le service paroissial ne se i~isant plus de façon régulière dans l’ancienne église d’Aubeterre, mais dans la chapelle du château de Teyran, l’appellation « paroisse de Teyran» fut d’usage.

La seconde moitié du XVlième siècle est marquée par les guerres de religion. De 1560 à 1629, la France connaît des émeutes sanglantes.

A la fm du XVLième siècle, la famille De Bocaud spccède aux De la Croix dans la seigneurie de Teyran..

De 1793 (120 habitants) à 1900 (450 habitants), le chiffre de la population va suivre une progression constante pour connaître au début du XXième siècle une période stationnaire.

Les principales activités sont liées à l’agriculture avec des cultures de céréales en abondance, de vignes mais aussi d’oliviers. L’élevage des moutons est important avec 2035 bêtes à laine recensées en 1836.
On assiste à plusieurs tentatives d’industries liées essentiellement à l’extraction minière (houille, manganèse, sable) à partir de la deuxième moitié du XIXième siècle.

Le château de Teyran voit son prestige s’atténuer en raison de l’agrandissement de la chapelle en église en 1817 et de la fondation du presbytère en 1846.

Le 19juillet 1836, le Marquis Thomas de Masclavy décède, obligeant, quelques années après, ses héritiers à mettre le château en vente. La municipalité voit là l’occasion propice de procurer aux Teyrannais, par l’achat de cet immeuble, un presbytère, des maisons d’école et une salle de mairie. L’acquisition se fera le 19 février 1842.

En 1866, une nouvelle église sera construite sur une partie du château.

L’accroissement de la population et l’augmentation de la production agricole vont rendre nécessaire la création de nouvelles routes et l’amélioration des anciennes. Ainsi, le 14 mai 1854, le conseil va demander au préfet d’établir sur le chemin de grande communication n021, partant de St-Mathieu-de-Tréviers et allant jusqu’à Sommières et Lunel, un embranchement entre Montaud et St-Drézéry, passant à Teyran, Jacou, Castelnau et Montpellier. Les travaux débutêrent en 1856 pour s’achever en 1868.

En 1887, la décision est prise d’amener l’eau par un système de canalisations dans toutes les parties du village, mais n’aboutit pas.

Le télégraphe est installé en 1902 et l’éclairage électrique en 1909.

Depuis, Teyran n’a cessé de s’étendre et de se développer sans pour autant céder à une urbanisation excessive de la commune. De fait, Teyran est une ville recherchée pour sa qualité de vie et son milieu associatif.

 
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